Un voyage intérieur

25/04/10 Début d'une retraite de 10 jours dans un monastère en Australie

Melbourne (Australie) - On suit le fil de sa vie pour tomber nez à nez avec un nœud à démêler, quand le mouvement s'arrête l'heure n'est plus à la fête, il est toujours plus facile de fuir dans la routine d'une vie cadré par un travail au horaire fixe et par le crédit d'une maison à rembourser pour ne pas oublier de se lever chaque matin, mais qu'il est dure se regarder en face jusqu'à percer l'image surfaite dans laquelle on se reflète, j'ai quitté mon travail et repris les rails du chemin intérieur car dans quelque heures je serais coupé du monde moderne et de ses distractions, tout ça juste pour remettre un peu de profondeur à mon horizon. Avoir perdu mon argent m'a rappelé à quel point il était vain d'accumuler des devises et de dévisser le cœur du porte monnaie.
J'ai reporté à demain ce que je n'avais pas fait hier puisque à chaque maintenant je me dis que ça peut encore attendre un moment, en fait j'ai peur de me refondre dans le vide intérieur, celui d'une plénitude sans contrôle, j'ai peur de méditer jusqu'à oublier ce monde de distraction et j'ai peur d'investir mon temps à trouver l'infini dans l'instant, mais je n'ai d'autre choix que de plonger dans la profondeur de l'être plutôt que de nager dans la surface de l'avoir, avant qu'une autre vague du destin ne m'emporte encore une fois au loin du rivage de la sagesse.

21/04/10 Retour en Australie via Singapour

20/04/10 Mise à jour de l'album de la Malaisie

Kuala Lumpur (Malaisie) - Voyager à deux peut parfois mieux valoir que de se regarder dans un miroir, j'ai traversé des kilomètres de cette terre en solitaire pour me rendre compte des bienfaits que de partager sa route avec quelqu'un qui ajoute une autre vision à son horizon, elle a mis en lumière mon honnêteté brutale dans laquelle je me protège du voyage dans des prévisions plus rationnels que pationnels, enfin quelqu'un qui brise le tableau dans lequel j'avais glissé la photo de toute les expériences qui m'avaient endurci.
Kuala Lumpur continu de grandir a son rythme frénétique, toutes les tours ne sont pas fini mais déjà on en construit d'autre, les centres commerciaux quadrillent chacune de nos envies quand je n'arrive pas à oublié que j'étais heureux sans un sous en poche.
Dans quelque heure je serais déjà dans un autre pays, mais j'ai envie d'un coup de bar à gauche, de lâcher mon passeport dans le vent et de prendre la plume pour m'ancrer dans le papier, de voyager par l'écrit plutôt que de faire du bruit, de quitter mon travail pour une retraite en monastère, mon esprit reste à mi chemin entre destin restreint et retour à l'incertain.

13/04/10 Réouverture de l'album de la Malaisie

Penang (Malaisie) - Le voyage est revenu hors des rails de l'imprévu, j'ai retrouvé la facilité du monde de l'argent et j'ai dépensé pour oublier le moment où j'étais libre de tout ces chiffres qui s'additionnent sur le papier dans le portefeuille, l'illusion collective de la valeur d'un billet, comme si un morceau de papier un peu ignifugé pouvait valoir ce que les banques centrales nous vendent.
Et la loi des séries qui me poursuit, on m'a volé au travers de ma carte de crédit, mon compte était piraté depuis début Mars, une fuite à grand flot que je n'aurais pas repéré si tôt si je n'avais pas vécu cette aventure, il y avait donc du bon à tout perdre.
Maintenant, je suis à Penang au large de la Malaisie, une ville qui a changé en deux ans aussi vite que le reste de l'Asie, des buildings se sont construits et les transports publiques nous amènent toujours plus loin dans la modernité, l'informatique a ses usines en Banlieue, c'est ici que s'est construit en partit l'ordinateur avec lequel j'écris.

07/04/10 Départ prévu pour Kuala Lumpur

06/04/10 Les démons de mon ange gardien

Jour6 / Kuching (Bornéo, Malaisie) - Nous étions dans un parc à discuter comme chaque soir, le thème a dérapé puisqu'elle m'a dit "Si je deviens un peu salope tu ne me résisteras pas". Elle a commencé à danser devant moi en soupirant un souffle désirant, un déhanché digne des plus belles catins, elle descendit légèrement son jean pour me laissé apercevoir le début de son string et la fin de la courbure de ses reins, m'offrant son dos, son visage en oblique me léchant la joue, j'étais en train de me transformer en statue, mes membres se rigidifiaient comme du marbre, elle commença à devenir tactile, la température montait et mes principes allaient fondre.
Tant excitant que le geste soit, quelque chose n'était pas réel, je me suis concentré l'espace d'un instant et j'ai vu la pellicule de mon désir au fond de mon esprit, c'est a ce moment que j'ai réalisé la faille du film, j'ai expiré mon souffle d'un trait sans pointillés, elle devenait clair comme un livre ouvert, elle était en train de m'offrir son corps juste pour que je m'intéresse à elle, peut être pour que je reste, elle se sentait seule et faisait tout cela juste pour échapper à ses souffrances.
Alors que la musique de son corps continuait à l'agiter, je la regarda droit dans les yeux et lui dit qu'elle valait mieux que se qu'elle était en train de me montrer, qu'elle était magnifique et intelligente mais qu'elle n'arriverait pas à me conquérir plus d'une nuit avec ce genre de méthode, elle commença à pleurer, je lui parla de ses expériences, de la drogue et des hommes qui l'avaient abusé, je ne sais pas comment je savais tout ça, peut être avais je lu son corps.
J'avais pénétré son cœur alors qu'elle m'offrait son corps, elle venait d'être mise à nu et elle était si belle une fois passé l'illusion qu'elle avait essayé d'ancrer dans mon esprit, elle me remercia d'avoir vu un plus loin que la carapace dans laquelle elle se protégeait, outre le fait que nos anniversaires tombent à quelque heures d'intervalle, nous étions fait pour nous rencontré et pour échanger nos Saluts, les coïncidences avaient encore une fois bien fait leur travail, elle me ramena à ma chambre, me quittant juste d'une poignée de main qui voulait dire plus que n'importe quel autre contact physique.
Déjà le dernier jour de cette aventure sans un sous en poche, j'ai probablement perdu quelque kilos en plus du millier d'Euros, ma ceinture avalant un ou deux crans de plus qu'avant, mais le voyage intérieur reprit de la hauteur, je me sent léger comme jamais, au loin d'un destin restraint, presque triste de revenir à la lourdeur du monde de la certitude.

04/04/10 Maintient

Jour4 / Kuching (Bornéo, Malaisie) - Heureusement qu'il y a le wifi gratuit qui me permet de rester connecté au sommet du reste de la terre. C'est la première fois que j'ai mendié, une seule fois, juste pour payer le bus qui m'emmènera à l'aéroport dans 3 jours, j'ai ciblé un riche couple de touriste blanc qui sortait d'un restaurant, je ne leur ai demandé que le prix du billet de bus, rien de plus (1,5€), ils n'ont même pas cherché à comprendre mon histoire avant d'ouvrir leurs portefeuilles, peut être une façon de se débarrasser vite fait d'une forme de culpabilité, j'avais déjà essayé de comprendre ce que ressentait un mendiant mais en faire l'expérience ça vaut bien tout l'argent que j'ai perdu.
J'ai rencontré une fille, moitié chinoise, moitié Bidayuh (une tribu de Bornéo), elle m'invite chaque jour à partager une assiette d'un plat local après son travail, elle veut me donner plus mais j'aurais l'impression d'abuser, j'ai donc refusé qu'elle m'invite plus d'une fois par jour, on discute de ce qu'elle est, d'un mélange entre les ethnies de Bornéo, d'une coexistence pacifique entre différent peuple, de la christianisation des missions qui fait qu'elle ne comprend plus le chamanisme de ses grands-parents, qu'elle préfère le rock de l'occident au sonorités trop douce de la musique traditionnelle.
J'ai du temps à perdre, mais je l'ai investit dans quelques moments de méditations, cette aventure intérieure qui permet de repartir de zéro, il y a du bon à oublier ses pensés, on voit plus clair au travers de l'endroit où l'on se trouve et on peut se trouver au travers d'une vision clair.
La police de Singapour a retrouvé ma pochette mais sans l'argent qui se trouvait à l'intérieur, est-ce étonnant?
Plus que 3 jours avant de récupérer quelques billets et de continuer comme si de rien était.

01/04/2010 Arrivé à Bornéo - Banqueroute

Jour1 / Kuching (Bornéo, Malaisie) - Au bout du monde à Bornéo, je viens de perdre tout mon argent sur un moment d'étourdissement, voici le récit qui commence aujourd'hui, celui du soucie de ma vie en sursis sans un sous en poche pendant 7 jours:
Tout avait mal commencé, puisque je me suis réveillé à 13h20 alors que mon avion décollait à 14h55, j'avais du mal à me souvenir de la
soirée de la veille, quelques flashbacks, insuffisant pour remettre en ordre mon esprit, j'avais rarement aussi bu, je me souvenais être allé dans une discothèque de Singapour avec un ami, mais je ne souviens pas comment nous nous sommes quitté ou perdu, je me souvenait de cette femme de ménage qui a retrouvé mon passeport dans une poubelle, marqué par de traces de pas qui ont piétiné ce précieux document, je me souviens que des chinois nous ont fait boire des trucs bizarres, je ne sais pas comment mais je suis sûre d'avoir fait n'importe quoi.
Comme je suis arrivé à la dernière minute à l'aéroport de Singapour, mon passeport a suffit à embarquer en vitesse sur le vol pour
Bornéo, content d'avoir pu embarqué, je n'ai pas eu la présence d'esprit de vérifier d'avoir toute mes affaires dans mon sac, j'avais
oublié une pochette contenant tout mon argent, carte de crédit, chèques de voyage et surtout une liasse de cash qui devait payer le
reste de mes voyages, tout a disparu.
Je me suis rendu compte de tout cela en arrivant à l'hôtel à Kuching, la réceptionniste m'a demandé une caution pour la chambre,
j'étais sur le point de m'évanouir lorsque j'ai remarqué ne pas avoir ma pochette qui contenait ma fortune, j'ai passé quelques coups
de fils, mes parents sont en déplacement à l'étranger donc impossible à joindre même si je n'avais pas vraiment envi de solliciter de
l'aide, donc je me retrouve sans un sous en poche jusqu'au 7 avril, le jour où je rejoindrait ma copine à Kuala Lumpur, je vais devoir survivre en me débrouillant comme je le pourrait et ce sera une punition mérité face à l'étourdissement qui m'a couté cher.
L'eau du robinet n'est pas potable à Bornéo, je n'ai pas d'argent pour acheter des bouteilles mais il me reste une tablette de Micropur
pour filtrer le précieux liquide dont j'aurais besoin pour survivre pendant mes 7 jours de jeûne.
Mon meilleur ami a payé ma chambre d'hôtel via Internet donc je ne vais pas me retrouver à la rue, je n'ai rien à manger mais j'ai de quoi dormir, tout n'est pas si mal, la réceptionniste de l'hôtel m'a invité à dîner mais j'ai l'impression que son aide est motivé par plus que de la simple gentillesse puisqu'elle n'a pas oublié de préciser qu'elle était divorcée et que je ressemblait à son ex-mari qui avait un peu de sang Européen.
Je suis presque heureux d'en arrivé là, c'est bizarre mais je me sent léger, je n'ai plus rien à perdre, puisque personne ne peut plus rien me voler, je me sent presque invincible/invisible, là où en Asie les gents me suivait pour mon argent, maintenant je suis près à plonger dans n'importe quel rencontre puisque je suis sure que ce ne sera jamais intéressé, une expérience intéressante.

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